Une poire oubliée

Une poire oubliée lâche tout et tombe assise sur le derrière

Banquette trop dure
Sacs en plastique qui débordent
Heure de pointe
Nuit froide
Agglutinement des intimes
Les gares défilent
Les visages pâles se reflètent
Les néons éblouissent
Bousculades
Transpiration
Lassitude

Nettoyage des bureaux jusqu’à quand ?

Appartement calme
Son refuge
Canapé moelleux
Thé fumant
Bain chaud
Petit mot sur la table « N’oublies pas que c’est ton anniversaire »

Yolande L.
Juin 2016

Un premier jet écrit d'après ce très beau texte de Jules Renard, Nos frères farouches, « Feuilles d’automne », 1907.

Une violette d’automne est plus qu’une autre modeste ; il faut faire toutes les allées du jardin,
se baisser, attraper une courbature avant d’avoir le petit bouquet de violettes d’un sou.
Quel égoïste avalerait lui-même la fraise d’automne ? On n’ose la cueillir que pour la bouche pure
d’une petite fille aimée.
Une suprême rose se déshabille et meurt.
Une poire oubliée lâche tout et tombe assise sur le derrière.